Décidément, l'année commence sous le signe de la chouette rayée dans le boisé du Tremblay. Celle-ci est venue se percher derrière chez nous, probablement attirée par les écureuils qui tournent autour de nos mangeoires. Il est encore trop tôt pour dormir la fenêtre ouverte, mais j'imagine qu'on doit commencer à les entendre, car la saison des amours est commencée.
On ne remerciera jamais assez Tommy Montpetit qui s'est battu et se bat encore pour la conservation du boisé et de ses trésors.
Cette année, nous avons pris l'habitude de déposer nos épluchures de légumes derrière la clôture. Nous le faisons à la tombée de la nuit, comme une offrande à la nature. Est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? Nous nous sommes, bien sûr, posés la question de notre impact potentiel sur l'environnment, de l'accumulation des déchets, de l'influence sur la faune et sur l'équilibre des choses, ainsi que sur l'exemple à ne peut-être pas donner. Tout ce que je peux dire, c'est que l'expérience ne durera pas, qu'il ne reste rien le lendemain matin et que nous ne montrons pas pour éviter que la faune nous associe à la présence de nourriture.
C'est un geste qui ressemble à celui que faisaient nos ancêtres pour s'attirer les bonnes grâces de forces qu'ils ne comprenaient pas. Mais, puisqu'à notre époque, la plupart des mystères ont été dissipés, notre objectif est plus prosaïque. Il s'agit tout simplement d'attirer des spécimens de la faune nocturne afin de savoir lesquels fréquentent le boisé du Tremblay pendant que nous dormons.
Nos rêves sont peuplés de polatouches, d'opossums, d'hermines, de martres et de coyotes (dans l'ordre de la chaine alimentaire). Inutile d'espérer le lynx, le puma, le loup ou le carcajou, ceux-là ont depuis longtemps déserté le boisé ou en ont été chassés. L'hermine, nous savons qu'elle existe; nous avons déjà croisé sa route dans notre jardin. Évidemment, nous aimerions la revoir, mais en attendant, nous devons nous contenter des premiers maillons de la chaîne que sont les cerfs de Virginie et les lapins à queue blanche, plus directement concernés par les légumes.
Voici le dernier chapitre de la mise à jour annuelle de la biodiversité du Boisé du Tremblay sous la forme du guide des plantes à fleurs du Boisé du Tremblay. Je précise qu'il ne regroupe que les herbacées, car les arbustes et les arbres qui ne sont pas des gymnospermes (les conifères, le ginkgo et quelques autres) sont également des plantes à fleurs. Ces derniers sont regroupés dans "Shrubs and Trees of Boisé du Tremblay".
Je me livre à cet exercice sans me faire trop d'illusion, mais avec un tout petit espoir quand même que le témoignage de la quantité et de la diversité de la vie réfugiée dans le boisé du Tremblay pourra éventuellement inciter un visiteur à adopter un comportement respectueux du lieu ou pourra orienter le choix d'un "décideur" dans la bonne direction, celle de la préservation du boisé. Après tout, on ne peut pas avoir envie de protéger ce que l'on ne connait pas.
Alors, sachez que nous en sommes à 1062 espèces répertoriées, dont 22 de champignons, 13 de mousses et de fougères, 246 de plantes herbacées à fleurs, 75 d'arbres et d'arbustes, 549 d'invertébrés, 11 de reptiles et d'amphibiens, 125 d'oiseaux et 21 de mammifères.
Et je ne compte que les espèces dont l'observation a reçu la mention "Recherche", c'est-à-dire validée par la commnauté des observateurs. Il y en a beaucoup d'autres qui n'ont pas encore été identifiées et qui ne pourront peut-être pas l'être, car les critères qui le permettraient ne sont pas visibles sur les photos. Il y a aussi toutes les espèces qui n'ont pas encore été observées.