Spontané ou contraint ?

Ce matin dans le boisé du tremblay, en observant ce raton laveur qui se préparait à aller dormir à la fourche de deux branches, je me suis souvenu de cette étude de Gaynor et al. intitulée "The influence of human disturbance on wildlife nocturnality", publiée dans Science en 2018 et à lire ici , et je me suis demandé si le raton laveur faisait partie des ces espèces qui ont décalé leur activité vers la nuit pour éviter les interactions avec l'être humain. 

J'avais pris pour acquis que le raton était un animal nocturne, mais je méfie toujours des certitudes, surtout les miennes. Après vérification, je suis rassuré: le raton est bel et bien une espèce naturellement nocturne et crépusculaire, et nous n'y sommes pour rien même si notre voisinage l'a renforcé dans ses habitudes. Pour preuve, sa rétine est tapissée d'un tapetum lucidum, une membrane située derrière la rétine qui réfléchit la lumière et agit comme un amplificateur. C'est une adaptation anatomique bien pratique pour descendre de son arbre à la lueur des étoiles et aller fouiller nos poubelles. 


Jaune et fluffy

En ce 29 avril 2026, le printemps suit son cours dans le boisé du Tremblay. Après la floraison des hépatiques à lobes aigus (toujours d'actualité), c'est au tour des érythrones d'Amérique d'éclore ; lesquelles annoncent l'imminence des claytonies de Caroline. Quant aux chardonnerets jaunes, eh bien, ils ont rafraichi les couleurs de leur costume de plumes et s'apprêtent à perpétuer leur espèce.

Ainsi va la vie depuis des milliers d'années et pendant encore longtemps... Enfin, on l'espère !


Cherchez l'intrus

Ce matin, dans le boisé du Tremblay, deux choses m'ont sauté aux oreilles : la quantité de bruants des marais et la dégradation de l'environnement sonore.

Bruant des marais

Habituellement, à cette époque-ci de l'année, le chemin du boisé est jalonné par le chant des bruants chanteurs ; cette année, rien ou presque. Par contre, on entend beaucoup plus de bruants des marais. Seraient-ils arrivés plus tôt que les chanteurs ? Est-ce qu'un cycle biologique fait en sorte que la population des bruants chanteurs est dans un creux ? Ou est-ce plutôt un signe que le milieu naturel du boisé du Tremblay a changé ? 

Hirondelle bicolore
L'intrus. J'espère que son incongruité transcrit l'effet que cela me fait à chaque fois. 

Pourtant, à première vue, rien n'a bougé. Les trop nombreuses coupes d'arbres font en sorte de retarder la densification du couvert arboré de cette ancienne friche agricole, en dépit de ses efforts pour retourner à son ancienne nature. Par conséquent, le milieu reste propice au bruant chanteur qui aime les espaces ouverts et l'explication doit-être ailleurs. Quant au bruant des marais, comme le boisé est humide, la coupe des arbres transforme les lieux en un marais colonisé par la phragmite; ce qui lui est plutôt favorable.

Pic flamboyant et Pic mineur

L'autre constat du jour est la dégradation de l'environnement sonore, une chose à laquelle je suis très sensible. Bien que mon ouïe décline et qu'il n'y ait pas eu de vent pour porter les sons, ce matin, j'ai été frappé par l'accroissement du bourdonnement des voitures qui circulent sur l'autoroute 20 plus au nord, au point d'en regretter les années de covid qui avaient fait taire cette nuisance. L'autre irritant acoustique notable est l'intensification du trafic aérien de l'aéroport Saint-Hubert. Malheureusement, cela ne fait que commencer puisqu'à compter du 12 juin, l'aérogare nouvellement agrandie va accueillir les vols réguliers d'une première compagnie aérienne. L'appât du gain de quelques-uns l'emportera-t-il toujours sur la quête de la sérénité de quelques autres ?