Cherchez l'intrus

Ce matin, dans le boisé du Tremblay, deux choses m'ont sauté aux oreilles : la quantité de bruants des marais et la dégradation de l'environnement sonore.

Bruant des marais

Habituellement, à cette époque-ci de l'année, le chemin du boisé est jalonné par le chant des bruants chanteurs ; cette année, rien ou presque. Par contre, on entend beaucoup plus de bruants des marais. Seraient-ils arrivés plus tôt que les chanteurs ? Est-ce qu'un cycle biologique fait en sorte que la population des bruants chanteurs est dans un creux ? Ou est-ce plutôt un signe que le milieu naturel du boisé du Tremblay a changé ? 

Hirondelle bicolore
L'intrus. J'espère que son incongruité transcrit l'effet que cela me fait à chaque fois. 

Pourtant, à première vue, rien n'a bougé. Les trop nombreuses coupes d'arbres font en sorte de retarder la densification du couvert arboré de cette ancienne friche agricole, en dépit de ses efforts pour retourner à son ancienne nature. Par conséquent, le milieu reste propice au bruant chanteur qui aime les espaces ouverts et l'explication doit-être ailleurs. Quant au bruant des marais, comme le boisé est humide, la coupe des arbres transforme les lieux en un marais colonisé par la phragmite; ce qui lui est plutôt favorable.

Pic flamboyant et Pic mineur

L'autre constat du jour est la dégradation de l'environnement sonore, une chose à laquelle je suis très sensible. Bien que mon ouïe décline et qu'il n'y ait pas eu de vent pour porter les sons, ce matin, j'ai été frappé par l'accroissement du bourdonnement des voitures qui circulent sur l'autoroute 20 plus au nord, au point d'en regretter les années de covid qui avaient fait taire cette nuisance. L'autre irritant acoustique notable est l'intensification du trafic aérien de l'aéroport Saint-Hubert. Malheureusement, cela ne fait que commencer puisqu'à compter du 12 juin, l'aérogare nouvellement agrandie va accueillir les vols réguliers d'une première compagnie aérienne. L'appât du gain de quelques-uns l'emportera-t-il toujours sur la quête de la sérénité de quelques autres ?   

Des nouvelles du boisé du Tremblay

Il s'en est passé des choses dans le boisé du Tremblay depuis mon dernier message. C'est normal, c'est le printemps. Voilà donc rapidement et en photos où nous en sommes.

Depuis que les dindons ont été chassés par des chiens sans laisse qui promenaient leur maître ignorant ou insouciant (j'hésite encore), nous avons eu la visite d'un lapin à queue blanche, les hépatiques à lobes aigus ont redressé la tête et s'apprêtent à fleurir et nous ajoutons une nouvelle espèce dans notre arrière-cours avec ce couple de canards branchus à la recherche d'un arbre pour nicher.

Une dernière chose:  il n'y a pas une promenade dans le boisé du Tremblay sans que je constate l'accrochage d'un nouveau sac à m... à une branche et l'abattage d'un nouvel arbre. Maintenant qu'il n'y a plus de frênes, on s'en prend aux peupliers faux-trembles. Ça commence à être pénible et laid. À tout hasard, je signale aux bucherons que si c'est pour vérifier que l'arbre est sain, c'est improductif. Par contre, si l'objectif est de transformer le boisé en un parc à chien ou un terrain de golf, alors vous êtes sur la bonne voie.

Un peu plus sur les dindons sauvages

Comme je le disais dans un message précédent, nous avons, depuis peu, la visite régulière d'un dindon sauvage (Meagris gallopavo, Phasianidés, Galliformes) sous nos mangeoires. Il vient le matin vers 7 heures, reste une bonne partie de la matinée, revient brièvement faire un tour en début de soirée et disparait jusqu'au lendemain. Nous l'avons appelé Gaston.

Depuis deux jours, ils viennent à deux. Ce n'est pas surprenant puisque les dindons vivent plus tôt en troupes, surtout en hiver. Nous avons baptisé le deuxième Blanche en raison de la couleur de sa calotte. 

Il s'agit probablement de deux mâles, car seulement 10 à 20 % des femelles portent la barbe, cette touffe de plume qui pend de la poitrine. En outre, au printemps, au moment de la reproduction, les troupes se fragmentent et les mâles deviennent solitaires, ou forment des duos qui vont parader.

En les observant, nous avons remarqué que les dindons font peur aux écureuils gris qui les fuient comme la peste. À l'inverse, la plus grande crainte des dindons sont les chiens, probablement parce que leur plus grand prédateur est le coyote, après l'homme évidemment. Un jappement les fait se dresser et les tient en alerte. S'ils voient un chien au loin, ils s'enfuient en courant (c'est assez impressionnant). D'où l'importance de tenir son chien en laisse et de rester dans les sentiers; des consignes qui ne sont malheureusement pas respectées par les riverains du boisé qui se croient tout seuls dans le bois. 

Un dernier point: de temps en temps, ils émettent un léger gloussement que l'on peut entendre au début et à la fin de la vidéo, probablement un son de contact. Ah oui, j'oubliais. Ils aiment les graines de bardane. Ils cueillent les fruits, les secouent et vont ensuite picorer les graines qui ont été libérées. Ils s'en collent aussi sur le dos (voir la fin de la vidéo).