Grosse semaine

Cette semaine fut riche en émotions. Le 18 mars, les trois premiers carouges à épaulettes sont venus grincer dans le jardin. Nous les attendions avec impatience puisque le retour de ces migrateurs est un signe de printemps à venir et que le journal du jardin indiquait le 11 comme date d'arrivée, l'année dernière. 

Et puis, le 20, c'est un dindon sauvage qui est venu faire un tour sous nos mangeoires. Je dois avouer que nous l'espérions, car un troupeau est vu régulièrement, à quelques rues de là, dans le parc Michel-Chartrand, et le boisé du Tremblay dont nous sommes riverains est un habitat propice. Depuis, il revient régulièrement, mais cela ne durera pas. Connaissant mes contemporains, il y en aura bientôt pour se plaindre des dangers de la Dinde noire (comme l'ont déjà surnommée les média ignorants) et de ses nuisances. Lesquelles ? Je me le demande encore, mais je ne suis pas inquiet; l'humanité excelle dans l'art de se débarrasser de ce qui lui est trop étranger. 

Un 5 mars dans le Boisé du Tremblay

Décidément, l'année commence sous le signe de la chouette rayée dans le boisé du Tremblay.  Celle-ci est venue se percher derrière chez nous, probablement attirée par les écureuils qui tournent autour de nos mangeoires. Il est encore trop tôt pour dormir la fenêtre ouverte, mais j'imagine qu'on doit commencer à les entendre, car la saison des amours est commencée.

On ne remerciera jamais assez Tommy Montpetit qui s'est battu et se bat encore pour la conservation du boisé et de ses trésors.

Une nuit de février dans le boisé du Tremblay

Cette année, nous avons pris l'habitude de déposer nos épluchures de légumes derrière la clôture. Nous le faisons à la tombée de la nuit, comme une offrande à la nature. Est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? Nous nous sommes, bien sûr, posés la question de notre impact potentiel sur l'environnment, de l'accumulation des déchets, de l'influence sur la faune et sur l'équilibre des choses, ainsi que sur l'exemple à ne peut-être pas donner. Tout ce que je peux dire, c'est que l'expérience ne durera pas, qu'il ne reste rien le lendemain matin et que nous ne montrons pas pour éviter que la faune nous associe à la présence de nourriture.

C'est un geste qui ressemble à celui que faisaient nos ancêtres pour s'attirer les bonnes grâces de forces qu'ils ne comprenaient pas. Mais, puisqu'à notre époque, la plupart des mystères ont été dissipés, notre objectif est plus prosaïque. Il s'agit tout simplement d'attirer des spécimens de la faune nocturne afin de savoir lesquels fréquentent le boisé du Tremblay pendant que nous dormons. 

Nos rêves sont peuplés de polatouches, d'opossums, d'hermines, de martres et de coyotes (dans l'ordre de la chaine alimentaire). Inutile d'espérer le lynx, le puma, le loup ou le carcajou, ceux-là ont depuis longtemps déserté le boisé ou en ont été chassés. L'hermine, nous savons qu'elle existe; nous avons déjà croisé sa route dans notre jardin. Évidemment, nous aimerions la revoir, mais en attendant, nous devons nous contenter des premiers maillons de la chaîne que sont les cerfs de Virginie et les lapins à queue blanche, plus directement concernés par les légumes.