La pudeur de l'épervier

J'avais un petit travail de menuiserie extérieure à faire sur le cabanon. J'avançais dans sa direction d'un pas décidé, sans tenir compte de mon environnement quand, en ouvrant la porte pour récupérer mon matériel, du grabuge au fond du jardin attire mon attention. Je fige ; il y a un épervier au sol, à 6 mètres d'où je me tiens. Il est stressé, tourne la tête à droite et à gauche à la recherche d'une solution de fuite.

Je pense d'abord que je l'ai dérangé dans sa chasse. J'ai l'impression qu'il sort des rhododendrons que les tamias ont l'habitude de fréquenter. Je ne bouge plus ; j'évite de le fixer du regard et j'attends. À ma grande surprise, il reste au sol à me regarder pendant 3 bonnes minutes. Peut-être juge-t-il que la probabilité d'attraper une proie vaut le risque que je représente. Pourtant, les rapaces diurnes n'aiment pas la proximité de l'humain. 

Finalement, il grimpe sur les pierres qui surplombent le bassin supérieur. Caché par des onoclées, je ne vois plus que le sommet de sa tête. Il tourne le dos au bassin et fait face aux rhododendrons. Comme il ne bouge plus, je pense qu'il s'est mis à l'affût. Au bout de cinq minutes, je décide de retourner à mon travail, en douceur, mais sans espoir qu'il reste. Malgré l'agitation et le bruit, je vois du coin de l'œil qu'il est encore là. Ensuite, je perds le contact pour me consacrer à ma tâche.

Au bout d'une trentaine de minutes, le bricolage est achevé. Par acquit de conscience, je vérifie la présence de l'épervier. Il ne semble plus être là et j'approche doucement. Erreur ! Aussitôt, il s'envole pour aller se percher sur la clôture. Un saut, rien de plus.

Je recule et je rentre à la maison pour le photographier depuis une fenêtre en hauteur. De mon perchoir, je le vois finalement redescendre de la clôture pour aller se poser entre les deux bassins. La suite est sur la vidéo qui suit. 

C'était donc ça ; il attendait mon départ pour pouvoir se baigner en toute intimité et surtout en toute sécurité ; le poids de l'eau piégé dans le plumage pouvant lui faire perdre de précieuses secondes en cas de fuite. 

Ce bassin a décidément beaucoup de succès auprès des oiseaux. Les deux pierres plates qui affleurent à peine à la surface ont été placées là pour eux, mais je ne pensais pas qu'elles conviendraient à un épervier. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre le pygargue. Après tout, on a déjà eu la visite d'un grand héron.

Invasive ?

En me promenant dans le parc du Mont Saint-Bruno, ce matin, une lamiacée inconnue a attiré mon attention par sa taille et ses grandes fleurs jaune citron. Je ne l'avais jamais vu dans le coin et, étant donné sa proximité avec des propriétés privés, je me suis dit qu'elle s'était probablement échappée d'un jardin, puis j'ai pris quelques photos pour une identification ultérieure. 

En me relevant et en examinant les alentours, j'ai constaté qu'il y en avait partout dans le sous-bois, en tapis denses, au point de me demander si elle pourrait éventuellement poser un problème pour la flore locale.

De retour à la maison, iNaturalist me l'a identifiée comme étant Salvia glutinosa, la Sauge glutineuse, originaire d'Europe de l'Est. Le même iNaturalist ne répertorie que quelques mentions de la plante au Canada: 3 autour de Toronto, 2 dans un jardin de Longueuil et dans un parc avoisinant et 13 dans le parc du Mont-Saint-Bruno. Quant à Vascan - Canadensys qui inventorie les espèces vasculaires canadiennes, il ne la connaît pas encore. En revanche, aux États-unis, certains états la considèrent comme une invasive. 

De l'or et des rubis

C'est ce que nous avons trouvé en nous promenant dans le parc des îles de Boucherville au milieu des verges d'or, des tanaisies et des glycines tubéreuses. Il y avait aussi un dindon sauvage.

Vous dire si les solidages étaient canadiens, très hauts ou autre… j'avoue que cela ne m'intéressait pas vraiment sur le moment, qui était plutôt contemplatif.

Plus loin, nous sommes tombés sur un aménagement qui m'a presque fait croire en un avenir meilleur. Habituellement, quand des frênes meurent de l'agrille, on les coupe à la base et on replante, dans le meilleur des cas, une espèce unique en rangs régulièrement et exagérément espacés. La théorie qui guide ce style de plantation tient probablement plus du taylorisme que de l'écologie et le résultat est généralement navrant pour les yeux.

À Boucherville, on a innové en s'inspirant un peu plus de la nature. D'abord, on a coupé plus haut, laissant ainsi une chance à la faune utilisatrice de bois mort d'en profiter. On a aussi planté plus serré et selon une géométrie qui m'a semblé moins rectiligne. Enfin, on a mélangé les essences.