Ça migre

Après l'arrivée dans le jardin du cardinal à poitrine rose, de l'oriole de Baltimore, des quiscales rouilleux et du colibri à gorge rubis au cours de ces trois derniers jours, c'est au tour du bruant à couronne blanche de passer et, derrière la clôture, dans le bois inondé, cinq chevaliers pas si solitaires que ça. Une première en plus de vingt ans ! Ils m'ont juste accordé le temps de sauter sur mon appareil photo.

Devinez qui est content ?

Spontané ou contraint ?

Ce matin dans le boisé du tremblay, en observant ce raton laveur qui se préparait à aller dormir à la fourche de deux branches, je me suis souvenu de cette étude de Gaynor et al. intitulée "The influence of human disturbance on wildlife nocturnality", publiée dans Science en 2018 et à lire ici , et je me suis demandé si le raton laveur faisait partie des ces espèces qui ont décalé leur activité vers la nuit pour éviter les interactions avec l'être humain. 

J'avais pris pour acquis que le raton était un animal nocturne, mais je méfie toujours des certitudes, surtout les miennes. Après vérification, je suis rassuré: le raton est bel et bien une espèce naturellement nocturne et crépusculaire, et nous n'y sommes pour rien même si notre voisinage l'a renforcé dans ses habitudes. Pour preuve, sa rétine est tapissée d'un tapetum lucidum, une membrane située derrière la rétine qui réfléchit la lumière et agit comme un amplificateur. C'est une adaptation anatomique bien pratique pour descendre de son arbre à la lueur des étoiles et aller fouiller nos poubelles. 


Jaune et fluffy

En ce 29 avril 2026, le printemps suit son cours dans le boisé du Tremblay. Après la floraison des hépatiques à lobes aigus (toujours d'actualité), c'est au tour des érythrones d'Amérique d'éclore ; lesquelles annoncent l'imminence des claytonies de Caroline. Quant aux chardonnerets jaunes, eh bien, ils ont rafraichi les couleurs de leur costume de plumes et s'apprêtent à perpétuer leur espèce.

Ainsi va la vie depuis des milliers d'années et pendant encore longtemps... Enfin, on l'espère !