Un 28 avril dans les dunes de Tarifa

Tarifa est la ville la plus méridionale d'Espagne et de l'Europe continentale. Du bord du quai d'embarquement pour le ferry qui mène à Tanger, on peut voir les côtes africaines à une trentaine de kilomètres seulement.

En longeant la plage de Tarifa vers l'ouest, on arrive à la dune et au parc naturel de Valdevaqueros (la tache pâle à gauche)

Exposées au vent qui souffle tantôt de la Méditerranée (le levante), tantôt de l'Atlantique (le poniente), les plages de Tarifa sont un haut-lieu de la planche à voile et du kite surf. Ajoutez à cela, la horde des Européens du Nord, qui se rue vers le soleil et les plages en saison estivale, et on perçoit immédiatement la menace qui pèse sur ce qu'il reste de cet écosystème littoral déjà bien entamé par l'immobilier.

Heureusement, il y a des zones protégées où l'accès au bord de la mer se fait encore de façon naturelle, c'est-à-dire à pied, par des sentiers balisés et à travers une succession végétale caractéristique des littoraux sableux. Ainsi, après avoir traversé la pinède dominée ici par le pin parasol (Pinus pinea), on parvient à la zone herbacée (et extraordinairement fleurie en avril) de la dune avant d'atteindre la plage proprement dite.



Un 23 avril dans le parc naturel de la Sierra de Hornachuelos

Chênes-lièges et cistes

Dans le nord de l'Andalousie, la Sierra de Hornachuelos est un sous-ensemble d'une chaîne de moyenne montagne plus importante, la Sierra Morena, qui longe la vallée du guadalquivir d'est en ouest sur environ 450 kilomètres. Moins élevée que la cordillère bétique au sud, la Sierra Morena est pourtant une région relativement isolée. Moins densément peuplée, elle a conservé un caractère plus sauvage.
Le paysage y est celui du matorral, la version espagnole de la garrigue et du maquis avec un couvert forestier peu dense constitué de plantes méditerranéennes typiques dont le chêne-liège, l'azérolier, les lavandes, le romarin et les cistes. 

Les chênes (Quercus suber) sont écorcés tous les 9 ans; c'est le temps nécessaire pour que le liège se reconstitue
l'azérolier (Crataegus azarolus) ou Épine d'Espagne, une aubépine méditerranéenne
Romarin (Rosmarinus officinalis)
Lavande papillon (Lavandula stoechas)
Ciste cotonneux (Cistus albidus)
Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius)
Glaïeul des moissons (Gladiolus italicus)
Muscari à toupet (Leopoldia comosa)
Gesse (Lathyrus sp)
Psammodrome algire (Psammodromus algirus)

Le parfum de Séville

La vue est un drôle de sens. C'est probablement le plus sollicité, mais c'est aussi celui qui s'émousse le plus vite. Passez une dizaine de fois au même endroit et les détails du décor commencent à s'estomper; passez une centaine de fois et il faudra le regard neuf d'un visiteur pour attirer votre attention sur un détail que vous ne voyiez plus.
De Séville (Andalousie), je ne garde que le premier regard et pourtant quand je repense à cette ville, ce ne sont pas des images qui reviennent à ma mémoire, mais un parfum, celui des orangers en fleur. Dans les jardins publics, à l'intérieur des patios et sur les trottoirs, ils sont omniprésents, embaumant l'atmosphère et se délestant de leurs oranges dans les plate-bandes.


Pour un habitant des pays nordiques qui paye si cher ses oranges, le spectacle de ces fruits moisissant au pied des arbres pourrait presque être choquant. Heureusement, il ne s'agit pas d'oranges douces (Citrus sinensis), mais plutôt d'oranges amères, ou oranges de Séville, fruits du bigaradier (Citrus aurantium). Comme leur nom l'indique, mise à part la marmelade dont elles sont l'ingrédient traditionnel, on ne peut pas en faire grand chose. Ce n'est pas le cas des fleurs dont on tire l'essence de néroli et l'eau de fleur d'oranger très utilisées en parfumerie et dans l'alimentation .